Un peu de ménage dans la formation ostéopathique

Selon un rapport de l’IGAS  (Inspection générale des affaires sociales) La prolifération des écoles va conduire à mettre sur le marché d’ici à 2015 plus d’ostéopathes qu’il en existe aujourd’hui sur tout le territoire évalué aujourd’hui à environ 17500 praticiens.Sur les 74 écolesen France préparant au métier d’ostéopathe, « une quinzaine d’établissements seulement forment des praticiens sérieux », indique Philippe Sterlingot, président du Syndicat français des ostéopathesEnviron 3 000 jeunes sortent chaque année des écoles d’ostéopathie, en comparaison au Royaume Uni il n’existe que 10 écoles.

Il existe autant d’école en France que dans le reste du monde!

Nous arrivons à une saturation du nombre de praticiens sans rapport avec la demande de soins ostéopathiques, même si celle ci est en en augmentation significative, puisque près de 20 millions de Français ont déjà consulté un ostéopathe au cours de leur vie.

Le rapport (rendu public le 3 mai 2012) « Dispositif de formation à l’ostéopathie » de Michel Duraffourg et Michel Vernerey, membres de l’IGAS, dresse un constat sévère et pointe des dysfonctionnements, notamment un dispositif d’agrément des écoles insuffisamment exigeant.

Cette procédure d’agrément est en effet jugée par l’IGAS « mal organisée, insuffisamment précise et de faible qualité juridique ». Les contrôles effectués montrent « la disparité des formations et met en relief la faible qualité de certaines écoles ». L’IGAS critique une augmentation considérable du nombre d’établissements et d’agréments délivrés faisant suite à des recours gracieux. D’où une grande hétérogénéité des formations, souvent assorties de frais d’études élevés, entre 7 000 et 8 000 euros par an.

Pour une formation d’un minimum de 4465 heures:

l’IGAS propose 18 recommandations dont une réforme rapide de la procédure d’agrément, ce qui pourrait impliquer la fermeture de certaines écoles.
L’IGAS note des manques en termes de formation pratique des étudiants et préconise de fixer un nombre minimal d’heures dans ce domaine. un référentiel prône une formation d’un minimum de 4 465 heures, dont
1 000 heures de pratique clinique encadrée, comme le recommande l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Aujourd’hui 2660 heures de formation sont suffisantes pour prétendre au titre d’ostéopathe.
La problématique pour toutes ces écoles, c’est qu’elles n’ont pas la possibilité d’avoir des terrains de stages (comme pour les étudiants kiné, infirmier ou médecin avec l’hôpital) afin d’acquérir une pratique et un ressenti satisfaisant.

« Tout au long de ce rapport, on a déploré les insuffisances de la réglementation actuelle, ses ambiguïtés et son manque de précision », soulignent les auteurs du rapport. La profession a été reconnue par la loi Kouchner de 2002 et ses décrets d’application de 2007. Mais aujourd’hui, la durée de la formation est très hétérogène, et varie de trois à six ans.

Il s’est donc passé 5 ans où les écoles se sont multipliées comme des champignons sans aucun contrôle ni de la profession ni de l’état.

L’IGAS recommande également que ce soient les pouvoirs publics qui assurent eux-mêmes la reconnaissance des diplômes universitaires ouvrant droit à l’usage professionnel du titre d’ostéopathe. Les organisations syndicales font pression depuis 2007 sur le gouvernement pour clarifier la réglementation mais en vain.

Il est à noter que « la profession » d’ostéopathe n’existe pas, il ne s’agit que d’un « titre »; ce qui pose toujours le problème pour les ostéopathes « les ni-ni » n’ayant pas de prérequis médical ou paramédical tel que: Diplôme d’état de kinésithérapeute, infirmier, sage femme ou docteur en médecine.

 

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